Salon National du Livre 2025
Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts
"Car, tisser des liens mémoriels, c’est affirmer que le Bénin ne se limite pas à ses frontières géographiques."
Il est des rendez-vous où la mémoire s'éclaire d'un regard neuf et inspirant, où la littérature se pose en véritable outil de co-construction des imaginaires. Le Salon National du Livre du Bénin est de ceux-là. À travers ses différentes éditions, il s'est affirmé comme un espace de réflexion et de promesse, un lieu où les lettres deviennent lampes éclairantes, flambeaux de continuité et surtout lieu de partage. Chaque année, il nous rappelle que le livre est plus qu'un bien culturel : il est un acte de souveraineté, un ferment d'unité et un outil de transformation nationale.
Cette année, le thème qui nous réunit – « Littérature et diaspora : tisser des liens mémoriels et réinventer un avenir partagé » – s'inscrit pleinement dans la vision d'un Bénin debout sur les fondations de sa mémoire et tourné vers l'avenir. Il résonne comme un appel à reconquérir nos récits, à relier nos mémoires dispersées, et à faire de la culture un instrument stratégique du développement humain et de la diplomatie d'influence.
Comme l'écrivait Aimé Césaire, « Il n'y a pas de honte à être fils d'esclaves, il n'y a de honte qu'à se résigner à l'esclavage. » Cette parole, toujours vive, nous rappelle que la mémoire, même douloureuse, demeure une force libératrice lorsqu'elle s'assume et se transforme en énergie créatrice.
Déjà, dans les années 1940, à Paris, des voix d'Afrique et de la diaspora — Césaire, Senghor, Damas — s'étaient unies dans le mouvement de la Négritude pour défendre l'idée d'un continent élargi à sa diaspora historique, et pour redonner à la parole noire sa dignité, sa puissance et son universalité. C'est dans le sillage de ces liens fondateurs que notre Salon puise aujourd'hui son souffle : celui d'une Afrique qui se souvient, s'invente et se raconte ensemble.
La diaspora n'est pas un éloignement, mais une respiration élargie de la patrie. Et la littérature, fidèle messagère de cette aventure humaine, devient ce fil d'or qui relie la terre natale aux terres d'accueil, le passé au présent, la douleur à la lumière. Les écrivains, qu'ils soient d'ici et d'ailleurs, sont les gardiens de cette mémoire. Leur œuvre transcende les océans, restaure les filiations brisées, bâtit une communauté d'âmes et de sens.
Patrick Chamoiseau, flamboyant écrivain de la créolité, le clame haut : « L'Afrique n'est pas un souvenir pour la diaspora : elle est une source vivante, un chant qui continue sous d'autres ciels. »
Cette réflexion résonne comme un serment d'unité : celui d'un peuple qui, malgré la dispersion, demeure lié par la langue, la création et la mémoire partagée.
Dans cette dynamique, le Gouvernement du Bénin, à travers le Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts et l'Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC), poursuit avec détermination une politique culturelle ambitieuse : celle qui fait du livre et de la lecture publique des piliers du développement intellectuel, de la cohésion sociale et de l'éveil citoyen.
Le Salon National du Livre du Bénin ne célèbre pas seulement les créateurs : il s'inscrit dans un écosystème du livre capable de rayonner dans toute l'Afrique et au-delà. Dans chaque page écrite, il y a un fragment d'histoire qui retrouve sa voix, et dans chaque lecture partagée, un continent qui se rapproche de ses enfants.
Car, tisser des liens mémoriels, c'est affirmer que le Bénin ne se limite pas à ses frontières géographiques : il vit, palpite et rayonne à travers sa diaspora, cette part de nous qui continue d'écrire le pays depuis d'autres rivages, avec des voix hier dispersées et aujourd'hui réconciliées par la parole. Dans cette dynamique, les écrivains béninois espèrent la rencontre de leurs frères et sœurs, conscients que l'avenir de nos lettres se construira ensemble.
Ils aspirent à renforcer ces passerelles d'expériences à travers des échanges éditoriaux, des publications collectives et des résidences d'écriture partagées. En cela, il convient de saluer le travail remarquable du Centre Culturel des Rencontres Internationales John Smith de Ouidah qui, chaque année, accueille des auteurs antillais et fait du dialogue des mémoires une véritable célébration de la fraternité littéraire.
Puisse ce salon inspirer encore davantage et offrir à tous des moments exaltants où les voix du Bénin dialoguent avec celles du monde pour dire et raconter d'une même voix !
À nos hôtes, nous offrons la chaleur de notre accueil et à tous l'élan d'un enthousiasme fécond afin que cette fête devienne une véritable célébration de la fraternité littéraire.
Jean-Michel Abimbola
Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts
Salon National du Livre 2025
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